Passeport Pour Une Naissance

“ Cependant je veux pendant toute ma vie enlever des grains de sable dans l’espoir que le rocher un jour ou l’autre bougera “ Dieter Baumgart

 


 !  Le mot de la Présidente - 2008 -

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Le mot de la Présidente
ou

Le présent d’une présence …

 

Une pièce d’argent passe de l’un à l’autre: achat, rendu de monnaie. Pièce noire, brillante de la sueur de mon travail, luisante de mon désir, de mes frustrations, de mes envies. Je mets tout dans l’achat de ma friandise. Une pièce passe de mains en mains: elle tisse un fil d’une main à l’autre, elle tisse un lien, elle brode une toile et dessine le monde tel qu’il est aujourd’hui.
Ah le capitalisme! on nage dedans: dans son eau aux reflets d’or; on en parle, on en est acteur; avantages de toute sorte, droits de toute nature, soldes (chic !) tarifs sociaux; on en tire profit…et nous voilà « profiteurs » !
Ben, on profite de la vie !

-Voilà, voilà c’est bien dit . Que suis je ici…où est ma place ?

On tire parti, on cherche avantage, on exploite un peu, on consomme selon ses désirs, on assouvit son plaisir…profiter au maximum de ce qui nous est fourni, tout en donnant le moins possible…Ben oui…on profite de la vie !
Il y a une petite clef: l’argent. Celui qui désire la richesse, désire ardemment l’abondance, désire ardemment la vie. Recevoir la vie.
- Oh. Là, c’est très simplifié. Mais cela sûrement ressemble à l’âme humaine, à ses aspirations. Il n’y a rien d’autre à raconter: le monde c’ est l’histoire de la vie; et comme ce monde là n’existe pas sans nous, nous racontons la vie; et comme finalement nous l’aimons bien, nous racontons l’ amour de la vie. Et la vie croît indéfiniment, elle est sa propre expansion. Il est dans l’essence même de la vie de se donner…et nous racontons tout ça: la vie, l’amour, le don. Et l’amour du don…allons y ! venez, venez avec nous; pour donner…

-Donner, donner : voilà, voilà c’est bien dit. Mais facile à dire !

Parfois donner, n’est-ce pas un peu « rembourser » ? pour certains d’entre nous, n’est-ce pas s’acquitter de ce que l’on doit envers la société, envers ceux qui ont permis que l’on soit à l’aise, envers tous ceux qui n’ont pas cette chance de l’aisance acquise au gré du marché.
Mais donner comment? Dans le don, on n’attend pas de retour: maman j’entoure mes enfants de tous les soins; les aimant je n’en attends pas paiement et je me réjouie du seul fait de leur offrir le maximum. Raison fondamentale: donner c’est une joie car cela va dans le courant simple de la vie; profiter c’est exploiter, extorquer, prendre, affamer…cela ne profite pas à la vie! Venez avec nous; pour donner…

-Oui, oui c’est bien dit. Mais comment faire, où est ma place ?

Les associations, PPUN aussi bien sûr, se questionnent constamment sur le sens, la valeur et le pouvoir de leur action. Il y a des humanitaires de tout poil: certains d’entre nous travaillent en ayant pleinement conscience des limites de l’action humanitaire, d’autres croient toujours qu’une transformation à grande échelle est possible à travers ce que nous faisons. Qui a raison ? Mais tous nous pensons avant tout à ce Don…
Être traversé par le don, sans rien revendiquer. Offrir en s’effaçant ?
Comme le disait le philosophe Jacques DERRIDA : « le premier don c’est le don de la présence ! Ce don qui donne sans rien donner, qui n’est pas le don d’une chose… »
Allez, venez donner: vous êtes « les derniers des justes », vous humanitaires. Il n' y a rien de petit ou d'insuffisant dans ce que vous faites…il n’y a qu’une tragique et douloureuse dimension humaine car à l’ aune de l’humain tout effort est insuffisant.
Vous allez vivre ça (beuh …!): tout labeur sera insignifiant, tout travail semblera inusité, toute « gloire » transitoire, toutes les solutions bien peu adaptées aux situations, toute aide restera dérisoire par rapport aux besoins.

Et, sûr, il viendra bien le moment où vous direz :

« -Voilà, voilà, c’était bien dit; Que suis je ici…où est ma place ? - Que suis-je venue faire ici ? »

Mais…vous serez là…
Débarrassés de votre bagage idéaliste, du désir de caritatif immédiat et d’idéaux impossibles, vous ne vous attaquerez absolument pas « aux racines du mal », vous ne transformerez surtout pas la condition humaine et vous aurez plus d’efficacité sur le terrain : car vous serez là .
À faire seulement sentir votre présence. N’être QUE cela.

-Mais que c’est difficile ; cela s’apprend ??


Voilà voilà, réfléchissez jusqu’au bout, vous qui voulez partir avec nous, ou vous qui partez. (Et que ne le faites vous avant de partir…) N’allez pas plus loin que cette réflexion, ne désirez rien d’autre que cette toute petite main dans la votre: « tu es venue, tu es (re)venue… » Car il arrivera bien cet instant de questionnement personnel. Oui, oui.
Savoir être présent; être un présent. Aller tout au bout : savoir être le présent de sa présence.
Écoutez le doux chuchotement de la toute petite main « tu es venue » Et ce sourire blanc, cette joie claire, ce contentement tout simple. Vous serez là; tout juste.


Espoir contre le désespoir: votre présence est votre premier don !

 


Catherine
Présidente PPUN

Voir le "Mot de la présidente " 2004

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Voir le "Mot de la présidente " 2007

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